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L'anecdote du jour

21/02/2019
L'avertissement de Marge au début du premier Simpson Horror Show est tiré du film Frankenstein.

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L'image de la France dans les Simpson

L’Afrique, l’Europe, l’Asie, l’Océanie, l’Amérique et même l’Antarctique, il n’y a pas un continent qui n’a pas été traversé par les Simpson. Après plus de 25 saisons et 550 épisodes, la famille jaune a séjourné dans des dizaines de pays – dont l’Angleterre, la Chine, le Brésil, le Canada, l’Irlande, l’Australie, l’Italie et l’Islande pour n’en citer que quelques-uns – et elle ne s’est pas toujours montrée clémente envers leurs hôtes, critiquant leur système politique, leur mode de vie, leurs célébrités, et étalant sans retenue stéréotypes et clichés. Pour la plupart des pays, le traitement satirique se limite à un segment d’épisode ou à quelques allusions acerbes, mais certains privilégiés font l’objet de plaisanteries récurrentes et leurs paysages tendent à apparaitre plus d’une fois ! Parmi ces chanceux figure la France qui, à défaut d’être le premier pays à accueillir un membre de la famille Simpson, est un des pays auquel la série fait le plus souvent référence : on dénombre plus d’une cinquantaine d’allusions à la culture française et plusieurs épisodes consacrent une partie, voire l’entièreté, de leur intrigue à un endroit de l’hexagone. Le dossier suivant a pour but de retracer l’évolution de l’image de la France dans les Simpson afin d’illustrer comment nos voisins américains représentent les stéréotypes français au fil des saisons.

Selon le proverbe, qui aime bien châtie bien. Dans ce cas, les auteurs doivent particulièrement bien apprécier la France ! Même s’il est impossible d’énumérer toutes les références à la France dans la série, voici une liste plus ou moins complète des allusions majeures. Tout commence dans l’épisode L’abominable homme des bois (saison 1) et la première allusion à la France est légère puisqu’il s’agit d’une scientifique qui pense qu’Homer « Bigfoot » est en réalité un être humain. Cette scientifique est française dans la version anglaise. Deuxièmement, Marge rencontre Jacques dans Marge perd la boule (saison 1), un professeur de bowling prétentieux et sûr de lui qui la séduit. Ce professeur est français.

                         

                              La scientifique française                                   Jacques

Troisièmement, et la première fois que le paysage français apparait vraiment, c’est dans L’espion qui venait de chez moi (saison 1), un épisode où Bart est envoyé chez des vignerons en pleine campagne française dans le cadre d’un programme d’échange d’étudiant. Ce n’est donc pas la capitale qui est mise à l’honneur pour la première fois, mais bien le côté rustique et campagnard. L’hospitalité française n’y est pas positivement décrite : en effet, Bart est accueilli par deux viticulteurs, César (qui ne se sépare jamais de son béret noir et de sa cigarette) et son neveu Ugolin – un clin d’œil à Marcel Pagnol – qui vont le traiter comme un moins que rien, l’obligeant à dormir avec un âne dans le foin. Mais l’épisode est encore plus cynique lorsqu’il montre les deux compères ajouter de l’antigel dans leur vin pour lui donner du goût. Bart finira par les dénoncer à un policier français qui, dans un premier temps, ne comprendra pas un traitre mot de ce qu’il lui dira en anglais (la version française présente les choses autrement) mais il lui offrira tout de même son aide lorsqu’il s’adressera à lui dans la langue de Molière.

                           

                                   Le policier français                                 César et Ugolin

En contraste avec ces clichés négatifs, l’épisode met aussi l’art français en avant en insérant des tableaux de peintres français célèbres : Le Bassin aux Nymphéas de Claude Monet (1900), Le Rêve d’Henri « Le Douanier » Rousseau (1910) et Déjeuner sur l’herbe d’Edouard Manet (1862).

   

Au fil des saisons, les Simpson vont aussi faire référence à la France de manière directe ou subtile et parodier des événements marquants de l’histoire française.

Dans Aide-toi, le ciel t’aidera (saison 2), l’épisode d’Itchy & Scratchy s’appelle Let Them Eat Scratchy, une référence à la célèbre phrase prononcée par Marie-Antoinette

« Qu’ils mangent de la brioche ».

Le court épisode représente les deux ennemis dans une tenue française du XVIIIème siècle se poursuivant jusqu’à ce que Scratchy se fasse guillotiner.

Dans Le garçon qui en savait trop (saison 5), le serveur qui ne sait pas prononcer le mot « cresson », Monsieur Lacoste, est français (alors qu’il est espagnol dans la version française : Monsieur Corrida).

                                                                                                   Le serveur Corrida/Lacoste    

Dans la saison 6, une phrase prononcée par Willie va faire le tour du monde  et devenir regrettablement célèbre dans les années 2000. Dans l’épisode Salut l’artiste ! (resté inédit en France jusqu’en 2005) une scène montre Willie le jardinier professeur de français à l’école élémentaire qui déclare en guise d’introduction :

« Bonjourrr, yah cheese-eatin’ surrender monkey ! »

Ce qui signifie littéralement: « Bonjour, singes capitulards bouffeurs de fromage » et traduit en français dans la série par « Rendez-vous, singes mangeurs de fromage ! ». Cette expression sera a été inventée par un des scénaristes de la série, Ken Keeler, et reprise par un membre du parti républicain aux États-Unis en 2003 pour désigner la France, alors opposée à intervenir aux côtés des militaires américains en Irak. Elle a été utilisée pour dénoncer l’ingratitude des Français alors que les Américains, eux, les ont aidés contre les Allemands pendant la Seconde Guerre Mondiale. 

Au sujet de l’ampleur engendrée par cette réplique dans les années 2000, Matt Groening a déclaré : « Les gens ont décidé de sortir cette réplique de son contexte tout en rappelant la parenté avec les Simpson. Vous savez, on a souvent à faire à des stéréotypes ridicules, mais ça, ça m’a rendu fou. En plus, j’adore la France. Être associé à cela, c’était insultant. »

Revenons à la série et, dans Un monde trop parfait (saison 8), le dialogue suivant entre Homer et Hank Scorpio n’y va pas de main morte avec la France encore une fois : Homer déclare sans hésiter qu’il n’aime pas la France et à Hans d’ajouter que personne ne dit jamais le contraire.

« – Au fait Homer, lequel de ces deux pays aimez-vous le moins ? L’Italie ou la France ?

– La France.

– Ah ah ! Personne ne dit jamais l’Italie. »

               Hank Scorpio

Toujours dans cette saison, il y a un passage dans Je crois en Marge dans l’épisode d’Itchy et Scratchy qui montre un essai nucléaire français dans le pacifique. Pour replacer le contexte, dans les années 90, Jacques Chirac rompt avec la suspension des essais nucléaires. Il y aura 6 tirs nucléaires entre 1995 et 1996 dans le Pacifiques et ces actions seront vivement critiquées de par le monde. Il y a par ailleurs une erreur sur la pancarte lorsque Scratchy atterrit : Le Bombe Neutron

                        

Il faut attendre le Simpson’s Horror Show VIII (saison 9) pour voir apparaître Paris pour la première fois et la caricature est amère. L’épisode, qui commence avec des tensions entre Springfield et la France au sujet d’une plaisanterie sur des cuisses de grenouilles faite par le maire Quimby, montre le président français perdre son sang-froid et envoyer une bombe sortie tout droit des entrailles de la Tour Eiffel. Une seconde référence aux essais nucléaires de Jacques Chirac. Les ministres qui entourent le président sont représentés comme des grenouilles qui croassent en guise de rire. Les Français sont représentés comme imprévisibles, et Marge en donnera un autre exemple en disant qu’ils « peuvent baiser la main d’une femme, et dans la minute qui suit lui couper la tête », en référence à l’époque de la guillotine. 

   

En contraste avec ces images négatives, dans un autre épisode de cette même saison, Les petits sauvages, Lisa, avec un béret et un pull rayé, est la représentante de la France et ses idées au Club des Nations Unies, ce qui est tout de même plus flatteur que Ralph incarnant les idées du Canada.

                            

Quelques épisodes plus tard, dans Pour quelques milliards de plus, c’est monsieur Burns qui arnaque la France en ne leur délivrant pas le billet d’un trillion de dollars et le Général de Gaulle, apparaissant sur des images d’archives, déclare :

« La meilleure réponse à donner, c’est de snober les Américains à tout jamais. »

Dans la saison 11, c’est à nouveau en tant qu’ennemie que la France réapparaît, puisque dans La critique de lard, c’est un chef français qui tente de tuer Homer avec sa pâtisserie explosive : 

La Bombe

Et dans un épisode de la saison 13, To Bart or not to Bart, les auteurs retracent l’histoire de Jeanne d’Arc dans laquelle Lisa emmène l’armée française en guerre contre les anglais. Une fois le plus, c’est le cliché d’une France incapable de gagner une guerre qui est véhiculé. Le dialogue cynique suivant a lieu entre Homer et Lisa :

« – Dieu veut que tu conduises l’armée française à quoi ?

– À la victoire.

– La victoire ? Mais nous sommes français, nous ne connaissons pas ce mot ! »

On aperçoit aussi Bart confectionner du foie gras de la manière la plus ignoble possible : en écrasant une oie.

                            

En 2004, Paris apparait de nouveau dans une toute petite partie de l’épisode Le drapeau… potin de Bart (saison 15). Alors que l’épisode traite du patriotisme américain, les Simpson sont accidentellement perçus comme anti-américain par tous les habitants de Springfield. Arrêtée et placée en centre de rééducation, la famille prend la fuite par la mer et tombe sur un marin vêtu d’un pull rayé qui leur propose son aide en déclarant :

 « Nous aussi on déteste l’Amérique. Venez en France et on se moquera du pays qui nous a libérés en 1944. »

Il faut savoir que c’est la période des « Freedom Fries » (Frites de la liberté), un nom utilisé aux États-Unis pour désigner les frites, au lieu de dire French Fries en anglais. Durant cette période, il existe véritablement un froid dans les relations politiques franco-américaines suite à la décision de non-intervention des Français en Irak en 2003. Alors dans les Simpson, on en rit de plus belle.

Cependant, dans la suite de cet épisode, Marge vante la beauté des femmes françaises :

« Vos femmes ne vieillissent pas, comme Catherine Deneuve. »

Un compliment ? Très certainement, et ce n’est pas tout ! La scène suivante met en scène la famille dans un restaurant dans la Eiffel, les stéréotypes sont nombreux et, pour une fois, il est intéressant de noter qu’ils ne sont pas négatifs : on aperçoit les visages familiers de César (avec son béret), Ugolin et le serveur Lacoste/Corrida ; Lisa demande une baguette ; Marge vante les mérites de la cuisine française et les bas prix des vêtements de mode ; et Homer ne passe plus pour un glouton mais bien un gourmet, avec un béret et un verre de vin rouge en main. Et j’en passe très certainement… En réalité, tous ces stéréotypes français ne sont pas là pour être ridiculisés, mais pour contraster les clichés négatifs américains présentés dans l’épisode. Pour une fois, la France délivre une image très positive, celle d’un pays accueillant et tolérant.

   

Et à partir de ces saisons-là, l’image de la France va encore s’embellir : la culture sera d’autant plus mise en avant et Paris fera rêver. Il n’est plus question d’accentuer uniquement les défauts, mais plutôt d’exagérer certains aspects pour faire rire et sourire.

Dans l’épisode Maman de bar de la saison 16, Bart, Lisa et Maggie survole Paris en montgolfière (une invention française) et l’air d’Edith Piaf La Vie en Rose résonne.

Dans la saison 18La vengeance est un plat qui se mange trois fois, un segment de l’épisode parodie le roman « Le conte de Monte Cristo » d’Alexandre Dumas. En plein Paris au 19ème siècle, Marge met en avant la façon de s’embrasser des français « Embrassons-nous avec la langue » et Homer avoue aimer la France pour la « façon de ne jamais savoir si un mot est mâle ou femelle ».

 

Les Simpson : le film sort au cinéma en 2007 et, grande surprise au générique, c’est la marseillaise qui clôture le film ! En effet, les Springfieldiens reprennent en cœur l’hymne nationale française pour l’adapter à leur sauce. Alors que cette chanson devait apparaitre dans le film au moment où la ville allait être détruite, la scène a été finalement coupée pour figurer à la fin. Les paroles font allusions à ce que les français savent faire de mieux (toujours d’un point de vue américains), bien que ce soient évidemment des clichés, c’est une fois de plus très positifs :

Springfield croyait avoir un hymne,

On le croyait, mais il n’y en a pas !

On a payé un manchot pour l’écrire,

Mais il a préféré s’enfuir !

Cet air, on l’a piqué aux Français !

Y’a quelques trucs qu’ils savent bien faire

L’amour, le fromage et le vin

Le roquefort, le camembert et le brie

Quelques mois plus tard, on retrouvera dans Les Simpson : le jeu un cliché déjà accentué plusieurs fois : celui d’une France qui ne peut pas gagner une guerre seule. En effet, dans le niveau Medals of Homer, Homer et Bart doivent retirer les drapeaux blancs d’un village français pendant la libération mis pour que les Allemands les laissent tranquilles.

  

C’est finalement la saison 21 qui mettra vraiment la France à l’honneur. Tout d’abord, dans l’épisode Le diable s’habille en nada, Paris, appelée « la ville lumière », est au cœur de l’épisode. Carl, alors patron de la centrale nucléaire, demande à Homer de l’accompagner dans la capitale française pour une convention sur le nucléaire. On y voit alors les Champs-Élysées, l’Arc de Triomphe, la Cathédrale de Notre-Dame, des restaurants chics et des lieux très huppés.

  

  

Le côté accueillant et tolérant des Français est une nouvelle fois mis en avant lorsqu’une personne à la convention embrasse Carl chaleureusement malgré le fait qu’il lui ait demandé si ça femme était toujours bien morte. Carl finira par déclarer qu’il adore Paris, ses femmes et son vin, bien que la seule chose qu’il reproche à la France, c’est de massacrer le rock’n’roll. Et on aperçoit trois membres d’un groupe rock chanter d’une voix mielleuse avant de partir en mobylette en déclarant : « Everbody eat fromage ».

  

Homer, lui, est triste car chaque endroit qu’il visite lui rappelle sa femme qui est restée à la maison : les baguettes sont des têtes de Marge et le Moulin Rouge a des ailes bleues. En somme, Paris apparaît comme la ville du romantisme par excellence.

  

Enfin, l’ancienne première dame de France, Carla Bruni, fait aussi une apparition dans l’épisode (sans prêter sa voix) pour faire du gringue à Carl. Une façon de montrer que les Français n’y vont pas par quatre chemins pour flirter. Finalement, Homer appellera le président français Nicolas Sarkozy pour dénoncer la relation de sa femme, mais ce-dernier, assis avec du camembert devant lui, déclarera d’un air tout à fait détendu : « No problemo avec Sarko ».

  

Plus tard dans la saison, Il était une fois à Springfield raconte l’histoire d’une romance entre Krusty et une jeune femme, Pénélope (Anne Hathaway). Les deux tombent éperdument amoureux mais lorsque Krusty met fin à leur mariage devant l’autel, Pénélope s’exile à Paris. Elle joue alors un morceau à la guitare dans un café – où les auteurs ont (volontairement ou involontairement) représenté Tintin et le capitaine Haddock, qui, eux, sont belges – lorsque Krusty la retrouve et dérivent ensemble sur la Seine. Assis au café, on retrouve un français avec un béret et une française avec ce – désormais célèbre – pull rayé.

  

  

Par ailleurs, les auteurs ont profité de cette belle image pour glisser un remerciement aux fans à l’occasion du 450ème épisode.

Enfin, dans l’épisode Éolienne et cétacé, Bart écrit pour la première fois sa punition en français et c’est la musique de Charles Trenet qui berce le générique de fin avec sa chanson La Mer. C’est probablement le générique de fin le plus émouvant des dernières saisons.

  

Après la saison 21, les références sont un peu moins nombreuses, mais les allusions à la culture française n’ont pas disparues pour autant :

– Une référence au romantisme français avec Edith Piaf qui chante Non, je ne regrette rien dans Premier Amour (saison 23) et dans lequel on peut y apercevoir la tour Eiffel qui trône toujours en miniature dans le mini-golf ;

  

– Une référence à la science française avec Blaise Pascal, un mathématicien français du 17ème siècle apparait dans une vidéo au musée de la science pour expliquer la théorie des probabilités dans La Saga de Carl (saison 24).

  

– Une référence aux inventions françaises avec la montgolfière que monsieur Burns utilise dans L’amour à couper le souffle (saison 22) et dont il énumère la liste des tâches en français : « Feu allumé, ballon gonflé ».

Plusieurs phrases seront d’ailleurs prononcées en français régulièrement dans la série, telle que « L’école c’est moi » (Une adresse chicsaison 20), ou encore « C’est si bon ! » de Nelson (Les langues du scorpionsaison 22).

Pour finir, dans l’épisode Diggs de la saison 25, un gag du canapé a été réalisé par un français, Sylvain Chomet, dessinateur des Triplettes de Belleville, dans lequel plusieurs clichés de la culture française sont à nouveau représentés : les escargots, une photo du président, etc. Même Marge parle français en criant désespérément « Où est Maggie ? ».

À noter aussi que Les Triplettes de Belleville avaient déjà été parodiées dans l’épisode Papa Furax : le Film (saison 22).

 

En conclusion, ce n’est pas tant l’image de la France qui a évolué au fil des saisons mais la façon dont les stéréotypes y sont représentés. Depuis la première saison, les mêmes clichés reviennent : pour un Américain, un Français ne sort jamais sans sa baguette, son béret, son pull rayé et ses cigarettes ; un Français est sophistiqué et chic mais arrogant et condescendant ; un Français boit du vin et mange des escargots ou des grenouilles ; un Français est romantique et chaud-lapin, mais c’est un mauvais militaire. Alors qu’au début, la série exagère ces stéréotypes et met en avant les défauts des français, au milieu des années 2000, ces clichés évoluent pour refléter principalement les qualités et donner une image positive de la France.

Mais à quoi correspond ce changement de la représentation des clichés ? Les Simpson est une satire de la société américaine qui caricature ce que l’américain moyen pense tout bas, et la série a aussi toujours été en relation avec l’actualité politique. Il faut donc mettre en lien ces deux éléments pour interpréter l’évolution de ces clichés. Cependant, dans un premier temps, la série se contentait uniquement de surligner les défauts d’une famille américaine moyenne. Alors, quand la France apparait pour la première fois, elle subit le même traitement que les États-Unis : les défauts sont accentués et l’image grossière que tout le monde a en tête est caricaturée (béret, baguette, cigarette, vin). Mais la série, devenant plus critique au fil des années, va exagérer les stéréotypes – et encore une fois, c’est le même traitement pour tous les pays, y compris les États-Unis – : les défauts français les plus déplaisants vont en effet devenir les plus récurrents (incapables de gagner une guerre seuls, imprévisibles, ingrats et moqueurs). Et ces clichés coïncident d’autant plus avec la situation politique : dans les années 90, la France est critiquée pour ses essais nucléaires ; dans les années 2000, le froid dans les relations diplomatiques franco-américaines et la décision de la France de ne pas intervenir dans la guerre en Irak font de la période des Freedom Fries celle où la série se moque le plus de ces clichés français. Mais inversement, la série montre aussi que la France se moque des Américains, comme lorsqu’elle est le pays d’accueil des petits Simpson soi-disant antipatriotiques. En réalité, la série ne s’est jamais trop impliquée dans des conflits politiques internationaux et chaque élément négatif dépeint est désormais contrebalancé par un autre plus positif. Après 2007, les relations entre les deux pays s’améliorent nettement : Nicolas Sarkozy est élu président et est surnommé  « Sarko the American » aux États-Unis. Il est le premier président français à avoir une réplique dans la série. Les deux nations n’ont cessé de se rapprocher depuis et un récent sondage du Pew Research Center, un think tank américain, montre qu’en 2009, plus de 60% des Américains ont une très bonne opinion de la France. Aujourd’hui, on constate que l’image la plus véhiculée de la France aux États-Unis est celle d’un pays rayonnant, romantique et très proche politiquement parlant des idées américaines. La représentation de ce lien entre la France et les États-Unis a récemment atteint son paroxysme dans la série avec les évènements tragiques du 7 janvier 2015. En effet, pour montrer leur solidarité avec le peuple français, les auteurs de la série ont fait brièvement apparaitre Maggie dans l’épisode Bart’s New Friend (saison 26), à mi-chemin entre la Statue de la Liberté et La Liberté guidant le peuple, un tableau d’Eugène Delacroix, brandissement fièrement un drapeau « Je suis Charlie », symbole d’une solidarité entre deux nations qui partagent et défendent fièrement la liberté d’expression.

Que les fans français des Simpson se rassurent donc : la série n’a rien contre les français. Au contraire, les auteurs des Simpson ont toujours apprécié mettre la France en avant que ce soit pour ses qualités ou ses défauts, tant en tournant au ridicule qu’en valorisant ses clichés, son passé, sa population et sa culture. Au sujet de la représentation des stéréotypes d’un pays, Matt Groening a d’ailleurs déclaré que les auteurs essayent « de les caricaturer comme on le fait pour les États-Unis. » Alors ne peut-on pas rire des autres si l’on sait rire de ses propres qualités et défauts ? Après tout, n’est-ce pas une véritable qualité française de pouvoir rire de tout ?

Florian Coheur (HomerFry)

 

Sources consultées (web):

Sites :

http://www.simpsonspark.com/

http://www.simpsonsarchive.com/

Articles :

http://lci.tf1.fr/monde/amerique/les-10-prejuges-americains-sur-les-francais-7598291.html

http://www.liberation.fr/evenement/2007/07/25/c-est-un-combat-de-rester-en-contact-avec-la-stupidite-ordinaire-de-la-vie-americaine_98849

 

Forums :

Sujet : « L’image de la France dans les Simpson » :

http://www.simpsonspark.com/forum/index.php/topic,633.0.html

Sujet : « Matt Groening et la France » :

http://simpsonscity.com/matt-groening-et-la-france-t21600-15.html

 

Wikipédia :

Cheese-eating surrender monkeys :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Cheese-eating_surrender_monkeys

Ressentiment antifrançais aux États-Unis :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Ressentiment_antifran%C3%A7ais_aux_%C3%89tats-Unis

Freedom Fries :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Freedom_fries

 

Liste des épisodes cités :

L’abominable homme des bois (Saison 1)

Marge perd la boule (Saison 1)

L’espion qui venait de chez moi (Saison 1)

Aide-toi, le ciel t’aidera (Saison 2)

Le garçon qui en savait trop (Saison 5)

Salut l’artiste ! (Saison 6)

Un monde trop parfait (Saison 8)

Je crois en Marge (Saison 8)

Simpson’s Horror Show VIII (Saison 9)

Les petits sauvages (Saison 9)

Pour quelques dollars de plus (Saison 9)

La critique de lard (Saison 11)

To Bart or not to Bart (Saison 13)

Le drapeau… potin de Bart (Saison 15)

Maman de bar (Saison 16)

La vengeance est un plat qui se mange très fois (Saison 18)

Une adresse chic (Saison 20)

Le diable s’habille en nada (Saison 21)

Il était une fois à Springfield (Saison 21)

La couleur jaune (Saison 21)

Éolienne et cétacé (Saison 21)

Premier amour (Saison 22)

Papa Furax : le film (Saison 22)

L’amour à couper le souffle (Saison 22)

La saga de Carl (Saison 24)

Diggs (Saison 25)

Bart’s New Friend (Saison 26)

Les Simpson : le film

Les Simpson : le jeu

Dossier créé le le 12 février 2015 par Florian Coheur. Modifié le 13 février 2015 par Florian Coheur
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